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histoire des sciences et des milieux scientifiques - publications sur Frédéric Joliot-Curie

7 juillet 2017 : L’ONU adopte le Traité d’interdiction des armes nucléaires dans le monde

Publié le 8 Juillet 2017 par Michel Pinault

7 juillet 2017 : L’ONU adopte le Traité d’interdiction des armes nucléaires dans le monde

Ce Traité, adopté par 122 États, à New York, juridiquement contraignant, prévoit l’interdiction pour les États y adhérant de posséder ou d’utiliser des armes nucléaires jusqu’à leur élimination complète, ainsi que de prendre part à un certain nombre d’activités associées telles que : le développement, la production, la fabrication, l’acquisition, le stockage, les essais, ou le transfert d’armes nucléaires ou d’autres engins explosifs nucléaires. Le secrétaire général de l’ONU sera  chargé de sa mise en œuvre.

Texte du Traité d’abolition des armes nucléaires : http://icanfrance.org/wp-content/uploads/2017/07/N1720657.pdf)

Ce Traité résulte de la décision de l’Assemblée générale de l’ONU, en décembre 2016, d’ouvrir des négociations sur ce sujet et il fait suite à la campagne internationale menée pour cet objectif depuis dix ans par une regroupement d’ONG : ICAN (Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires). Les États qui ont été en pointe pour le défendre ont été l'Autriche, le Brésil, le Mexique, l'Afrique du Sud, la Suède, l'Irlande et la Nouvelle-Zélande. Deux cycles de négociations ont eu lieu, en mars et en juin 2017. Tous les États possédant des armes nucléaires ont boycotté ces négociations, dont la France. Dans un communiqué commun publié le jour de son adoption, la France, les États-Unis et le Royaume-Uni ont rejeté ce texte  qui « méprise clairement les réalités de l'environnement  sécuritaire international », prenant ainsi prétexte de la menace nord-coréenne.

Loin de songer à réduire son arsenal, la France prévoit au contraire  le doublement d’ici à 2025 du budget de la force de dissuasion nucléaire par rapport à 2013, « pour atteindre un niveau de 5,5 à 6 milliards d’euros » (Rapport du Sénat du 24 mai dernier). Dans son discours devant le Congrès réuni à Versailles, le président Macron a décrit la dissuasion comme « la clé de voûte de la sécurité en France » et, dans la foulée, a visité la base des sous-marins nucléaires français de  l’Île Longue, le 4 juillet. Rappelons que la doctrine de la « dissuasion nucléaire » est fondée sur le principe du bombardement aveugle des populations civiles à l’aide d’armes nucléaires en représailles à une éventuelle  agression. Depuis l’invention de cette arme, celle-ci dont tous les experts s’accordent à reconnaître l’inutilité militaire et stratégique n’a d’ailleurs servi qu’à exterminer les populations civiles lors des deux bombardements américains d’août 1945 sur Hiroshima et Nagasaki.

Le texte qui vient d’être adopté solennellement à l’ONU sera ouvert, à partir de septembre 2017, à la signature et à la ratification par les États. Il entrera en vigueur dès que  50 pays l’auront ratifié. Avec ce traité, les armes nucléaires rejoignent la liste des armes interdites par la communauté internationale : les armes biologiques (1975), les armes chimiques (1997), les mines antipersonnel (1999), et les bombes à sous-munitions (2010). L'arme nucléaire était déjà immorale, elle va devenir illégale.

La France doit signer le Traité d’interdiction des armes nucléaires de l’ONU. Il faut rejoindre la campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (http://icanfrance.org/).

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